Mesures de lutte contre la peste porcine africaine

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Depuis la confirmation de cas de peste porcine africaine dans la région d’Etalle, en province de Luxembourg, l'AFSCA (Agence fédérale pour la Sécurité alimentaire) et le Service public de Wallonie se sont concertés pour établir des mesures coordonnées de lutte contre la maladie.

En effet, si le virus de la peste porcine n’est pas dangereux pour l’homme, il est hautement contagieux pour les cochons et les sangliers. La lutte contre cette maladie constitue donc un véritable enjeu de santé animale et économique pour lequel les compétences se répartissent entre le niveau régional, pour ce qui concerne la santé de la faune sauvage et le niveau fédéral pour la santé des porcs d'élevage et domestiques.

Une brochure d'information et de sensibilisation intitulée "La peste porcine africaine. Agissons ensemble!" a été éditée à ce sujet fin 2018 pour répondre aux questions les plus courantes que se pose la population. Celle-ci a également été éditée en néerlandais.
Nous vous invitons néanmoins à consulter le Géoportail pour une version à jour des zones touchées par la peste africaine.

 

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Lutte contre la propagation de la maladie

Le 14 septembre, le Gouvernement wallon a adopté un arrêté définissant un périmètre de 63 000 ha, établi par la Commission européenne après discussion avec l'AFSCA et le SPW et sur base de la localisation des deux premiers sangliers positifs retrouvés. Différentes mesures, validées par la Commission européenne, ont été appliquées pour éviter la propagation du virus au delà de ce périmètre :

  • L'interdiction de toute forme de chasse et de nourrissage ;
  • L' interdiction de circulation en forêt et de toute forme d'exploitation forestière pour éviter tout risque de propagation accidentelle par l'homme.

Ce périmètre est scindé en 3 zones distinctes et une zone de vigilance.

Au delà de ces zones, tout sanglier retrouvé mort doit être signalé, notamment via le Call Center 1718 de la Wallonie.

 

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Différentes zones et obligations

Zone noyau

  • interdiction de chasse, de nourrissage, de circulation et d'exploitation de la forêt,
  • recherche active de carcasses de sangliers.

Zone tampon

  • interdiction de chasse, de nourrissage, de circulation,
  • exploitation forestière sur base de dérogations individuelles réservées aux professionnels,
  • recherche active de carcasses de sangliers,
  • installation d'un réseau de clôtures.

Zone d'observation renforcée

  • interdiction de nourrissage,
  • recherche active de carcasses de sangliers,
  • interdiction de tous les modes de chasse pour les sangliers et les autres gibiers à l'exception de la chasse à l'affût, à l'approche et des battues silencieuses,
  • signalement obligatoire de tout sanglier mort,
  • obligation pour les titulaires de droit de chasse d'organiser la destruction des sangliers sur leur territoire,
  • obligation d'avoir suivi une formation aux règles de biosécurité pour chasser et détruire,
  • extraction des sangliers chassés par les professionnels,
  • analyse des sangliers tirés sur base d'échantillonnage,
  • circulation et exploitation forestière autorisée en journée uniquement.

Zone de vigilance

  • aucune restriction à l'exploitation forestière, la circulation et de chasse pour le gibier autre que le sanglier ainsi qu'aucune condition de biosécurité particulière ne sont imposées ;
  • obligation de supprimer la totalité des sangliers dans la zone et de les transporter dans l'un des deux centres de collecte ouverts spécifiquement pour la zone de vigilance :
  1. rue de Relune 16 à 6860 Vlessart
  2. rue de Carignan 110 à 6820 Florenville

Les mesures d'interdiction de circulation en forêt pour les zones tampon et noyau sont prolongées jusqu'au 1er avril 2019 pour limiter la propagation de la maladie.

Quelles zones touchées ?

Suite à la propagation de la maladie, le périmètre des différentes zones a été revu à plusieurs reprises. Voici la carte de limite de zones en date du 19 mars 2019 (Téléchargement)

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La carte des zones avec possibilité d'agrandissement peut également être visualisée sur l'application WalOnMap du Géoportail.

Nombre de sangliers infectés

En date du 19 mars 2019, 1994 sangliers ont été analysés (ou sont en cours d'analyse). Parmi ceux-ci, 694 carcasses se sont révélées viropositives.

QG installé à Virton

Le centre de collecte principal des carcasses de sangliers a été mis en place à Virton. Les dépouilles de sangliers y sont acheminées par la Protection civile. Elles sont ensuite analysées par des experts vétérinaires de l'ULiège.
Les personnes participant à la destruction des sangliers ont été contraintes de suivre une formation en biosécurité pour évacuer et transporter les carcasses de la zone infectée vers le centre de collecte.

Installation de clôtures

Plus de 30 km de clôtures d'1m20 de hateur ont été installées entre Valansart et Aubange sur la ligne de démarcation entre la zone tampon et celle d'observation. Le but est d'éviter les déplacements des sangliers entre l'est et l'ouest et entre le nord et le sud. Il ne s'agit toutefois pas d'un enclos hermétique, impossible à mettre en place compte tenu de la configuration des lieux (villages, routes...). Ce dispositif particulièrement coercitif doit empêcher la dispersion des sangliers affaiblis par la maladie.

Suite à la propagation du virus vers l'ouest, il a également été décidé d'installer 15 km de clôtures supplémentaires le long de la frontière française de la forêt d'orval à Sommethonne.

Par ailleurs, une nouvelle clôture a été finalisée le long des routes Marbehan-Mellier, Mellier-Poteau de Mellier, Poteau de Mellier-Rossignol, entourant la forêt au nord d'Orsinfaing.

Contribution des chasseurs à la diminution du nombre de sangliers

Le Gouvernement a décidé que, sur l'ensemble de la Wallonie, les titulaires du droit de chasse devaient, afin de contribuer à la diminution de la population de sangliers, organiser au cours de mois de janvier et février 2019, au moins trois journées de chasse collectives. Des dérogations pourront être sollicitées pour les territoires non concernés.

Un numéro vert pour le secteur porcin

Le Collège des Producteurs a mis en place un numéro vert, le 0470 84 18 67, à usage unique des éleveurs. Il a également désigné une personne relais pour les 58 éleveurs concernés par le périmètre des 63 000 ha afin de pouvoir disposer d'un cadastre évolutif et individualisé de chaque exploitation pour les encadrer au mieux.

Par ailleurs, la Wallonie a pris une série de mesures destinées à soutenir les éleveurs de porcs.

Lutte contre les bois scolytés

Dès le 16 janvier, sur autorisation du chef de cantonnement, les propriétaires privés et publics ainsi que les professionnels de la filière bois peuvent procéder aux travaux d'inventaire et de marquage des bois scolytés dans les zones noyau et tampon tout en gardant la plus grande vigilance sur toutes les mesures de lutte contre la propagation du virus.

L'exploitation des bois scolytés dans une partie des zones noyau et tampon est prévue dès le 1er février, toujours sur autorisation du chef de cantonnement. Depuis le 15 février, cette mesure est étendue à l'ensemble de ces deux zones. Le DNF coordonne les différents chantiers afin d'extraire les bois scolytés et d'éviter toute dispersion accidentelle du virus. Les mesures de désinfection seront effectuées aux frais de la Wallonie par une firme spécialisée.

4 millions d'euros ont également été mobilisés par la Wallonie pour soutenir la filière bois suite aux préjudices subis dans le cadre de la lutte contre le virus.

Mesure de soutien aux  communes concernées

Le 13 décembre, la Wallonie a décidé d'accorder des prêts à taux zéro aux 13 communes concernées pour compenser le manque à gagner engendré par l'interdiction de toute forme d'exploitation forestière.

En quoi consiste la peste porcine africaine ?

La peste porcine africaine [PPA] est une maladie virale contagieuse qui touche les porcs et les sangliers, mais en aucun cas l’homme. Le virus se transmet facilement d’un animal à l’autre, soit par contacts entre individus, soit par du matériel contaminé (bottes par ex.) ou des restes alimentaires, porteurs du virus et abandonnés par l’homme. Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement ou vaccination possible contre la maladie. Des mesures strictes de prévention et de lutte sont définies au niveau européen et national.

Les causes, symptômes et mesures de protection explicitées en une vidéo :

Comment se propage le virus ?

La PPA est présente depuis plusieurs années dans les pays d’Europe de l’Est, à la fois chez les porcs domestiques et chez les sangliers. Ces derniers mois, elle s’est propagée plus rapidement et plus à l’ouest, touchant des pays jusque là protégés, notamment via l’introduction de restes de denrées alimentaires abandonnés par des voyageurs en provenance de zones infectées.

En Belgique, une task force a été mise en place fin mars 2018 pour implanter des mesures de lutte contre cette maladie au sein de la faune sauvage et des mesures de prévention dans les élevages porcins. Ce sont ces mesures de veille de terrain qui ont permis la mise en évidence dernièrement de cas suspects pour quelques sangliers morts.

Mesure de lutte de propagation pour les différents publics

Par ailleurs, chacun peut prendre des mesures de lutte de propagation à son niveau :

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