Les armoiries de la famille d’Ardenne-Verdun et de la famille d’Ardenne-Bar
La famille d’Ardenne-Verdun et la famille d’Ardenne-Bar
Ces deux grandes familles ont un ancêtre commun : le couple formé par Wigéric comte du Palais décédé en 916 ou 919 et Cunégonde, petite-fille du roi de France Louis le Bègue (846-879) qui était le fils du roi Charles le Chauve. En secondes noces, Cunégonde épouse Ricuin, comte de Verdun (✝︎ en 923). Parmi leurs enfants, nous citerons Gozlin (✝︎ 943) fondateur de la lignée Ardenne-Verdun et Frédéric duc de Haute-Lotharingie fondateur de la lignée Ardenne-Bar.
Godefroid le Barbu (✝︎ 1069) est l’arrière-petit-fils de Gozlin, il est duc de Basse-Lotharingie de 1044 à 1046 et de 1065 à 1069. Béatrice de Bar (✝︎ 1076) est l’arrière-petite-fille de Frédéric. En 1037, Béatrice épouse Boniface de Toscane. Ils ont une fille Mathilde. Veuve en 1052, Béatrice épouse, en 1054, Godefroid le Barbu ! Celui-ci était veuf de Doda.
Godefroid le Bossu, fils de Godefroid le Barbu et de Doda, fut dès 1057 fiancé avec Mathilde de Toscane, la fille de Béatrice. Le mariage eut lieu en 1069 ou 1070. Le couple ne s’entend pas du tout, Mathilde retourne en Italie en 1071, Godefroid y part en 1073 puis revient en Ardenne.
L’union des deux familles par les deux mariages avait donné naissance à un grand pouvoir militaire et économique en Lotharingie et en Italie.
Cousins au huitième degré, Béatrice et Godefroid le Barbu avaient représenté une force rivale de celle de l’empereur.
Cependant, Godefroid le Barbu respecta sa condition vassalique vis-à-vis de son suzerain qui depuis 1056 était l’empereur Henri IV.
Godefroid le Bossu agit de même et participa aux guerres impériales, par exemple la longue guerre contre les Saxons. Durant ce onzième siècle, l’Eglise représentait une forme de stabilité en face du désordre du monde féodal. Sa richesse matérielle augmentait et sa hiérarchie était souvent désignée par le pouvoir royal moyennant un paiement monétaire. La simonie faisait des
ravages. Le pape Grégoire VII (entre 1073 et 1085) promulgua l’interdiction de donner l’investiture d’un évêché ou d’une autre dignité ecclésiastique par le pouvoir laïc. Cette règle engendra la « Querelle des Investitures ». En Italie, la Toscane, dirigée par Béatrice et sa fille Mathilde, soutint cette nouvelle règle. De son côté, Godefroid le Bossu reste fidèle à son suzerain.
Henri IV qui continuait à nommer des évêques fut excommunié le 14 février 1076. Le 26 février 1076, lors d’une guerre contre Robert le Frison, Godefroid fut grièvement blessé (alors qu’il
se rendait aux latrines) par un partisan de Robert le Frison et après quelques jours de souffrance, il mourut à Utrecht. L’empereur Henri IV perdait son plus fidèle soutien. Godefroid le Bossu avait un peu plus de trente ans. Son neveu Godefroid de Boulogne hérite de son patrimoine.
Succéder à Godefroid le Bossu n’est pas évident : en face de lui deux ennemis sont convaincus de leur bon droit dans cette affaire : la veuve du Bossu, Mathilde, investie de la Toscane
depuis le décès de sa mère le 18 avril 1076 et le comte Albert III de Namur, vice-duc de Basse-Lotharingie et cousin du Bossu. Godefroid de Boulogne sort vainqueur de toutes ces tentatives
pour lui reprendre son héritage.
Pour terminer toutes ces péripéties, ajoutons que la comtesse Mathilde avait fait du Saint- Siège son légataire universel. Même après le décès de Godefroid de Bouillon en 1100 et celui de
Mathilde en 1115, la famille d’Ardenne-Bar continuait à émettre des prétentions sur la terre de Bouillon puisqu’en 1134, Renaud de Bar s’empare du château de Bouillon et l’évêque de Liège ne le récupérera qu’en 1141 après un siège mémorable.
Les piliers à l’entrée de la Section Godefroid du Musée Ducal
Sur le plan de Bouillon réalisé par Chauchet en 1832, ils ne se trouvaient à l’entrée du bel hôtel Spontin construit après 1714.
En effet, ils ont été offerts au Musée par la famille Dachy, propriétaire de la brasserie éponyme en 1962. Ces deux piliers et une porte fermaient la cour de la brasserie installée après la guerre 1940-1945 à la rue du Moulin. Le couple Jules Dachy - Denise Nicolas était aussi propriétaire du grand bâtiment ancien situé derrière la brasserie Dachy installée avant 1940 au quai du Rempart.
C’est à côté de cet ancien bâtiment que les deux piliers se trouvaient depuis le 18e siècle. La cour et le bâtiment avaient appartenu au marchand Gilles Stassart qui les utilisait comme dépôt. Son gendre Pierre-Jacques Delecloque fit faillite et l’immeuble fut vendu à l’éditeur-imprimeur Pierre Rousseau qui résidait dans un immeuble en face du dépôt. En 1808, la veuve de Pierre Rousseau, Louise de Weissenbruch, vend à Georges-Louis Bodson de Noirefontaine le bâtiment qui passe à sa fille Henriette. Célibataire, elle lègue ses biens au comte Olivier de Gourjault (son petitneveu). Celui-ci, en 1861, vend l’immeuble au docteur Lambert. En 1902, la veuve du docteur Lambert vend le bâtiment à Marie Chaidron, mère de Jules Dachy.
Après la guerre 40-45, la famille Dachy a reconstruit sa brasserie au pied du château et pour manoeuvrer plus facilement dans la cour, décide de faire enlever les deux piliers et de les offrir au
Musée Ducal.
Le piédroit de la porte de France
La porte de France comprenait en réalité deux portes. La porte principale donnait sur la rue du Moulin et était protégée par un fossé inondé, un pont-levis et une porte en bois renforcée. En avant de celle-ci, une seconde porte au pied de la route de Sedan fermait l’accès à la place s’étendant devant la porte, le neuvième bastion, celui de France et devant le grand moulin de Bouillon.
Il subsiste un piédroit, l’autre, situé dans un jardin, a été démoli quand l’hôtel de France et son annexe ont été construits en 1880 et 1897.
A ce piédroit avait été accolée une petite construction abritant le bureau des douanes.
Les portes de la cour des casernes
Après avoir réalisé les plans des travaux de fortification, Vauban avait imaginé de faire construire à Bouillon une fortification supplémentaire qui n’existe pas dans les autres villes
fortifiées aux frontières de la France.
A l’intérieur de l’enceinte du grand méandre bouillonnais, il avait construit les deux casernes, la maison de l’ingénieur militaire adossée à la deuxième caserne. Après le décès de Vauban, les
ingénieurs militaires veulent achever son oeuvre et décident d’enfermer cet ensemble dans une seconde enceinte qui permettrait à la garnison de mieux résister face à un ennemi ayant pénétré dans la ville.
Il faut rappeler ici que les fortifications de Bouillon n’étaient destinées qu’à retarder les ennemis pendant quelque jours en attendant que les secours militaires ne viennent de Sedan qui
abritait des troupes plus nombreuses. En effet, le château de Bouillon n'était pas idéalement placé vu la domination des collines voisines qui auraient pu être occupées par l’artillerie ennemie.
Cette deuxième enceinte comprenait deux portes, une subsiste encore à son emplacement d’origine avec ses deux piliers simples. Cette seconde enceinte abritait également le magasin des
fourrages appartenant au duc de Bouillon et mis au service de l’armée française. Il se trouvait dans la grande cour des casernes. Ces travaux de deuxième enceinte furent exécutés en 1744. Les habitants de la place des Champs-Prévôt étaient autorisés à traverser la grande cour des casernes puisque le mur d’enceinte et les tours bastionnées empêchaient tout passage vers leurs maisons et la rue Georges Lorand n’existait pas. Cette autorisation disparut par la création du boulevard (1904), précédée par la démolition de l’enceinte et de certains bastions entre 1856 et 1863.
La seconde porte n’existe plus à son emplacement originel, elle se trouvait près de la maison de l’ingénieur militaire où le second mur d’enceinte du réduit se terminait en englobant le magasin des fourrages.
Les piliers de l’ancienne infirmerie militaire
A l’extrémité de la cour des anciennes casernes, à côté de l’actuelle école communale, construite dans cette cour, s’élèvent des bâtiments anciens entourant une cour. Des piliers et une porte ou une grille fermaient cette cour. Seuls, les piliers subsistent. Ils sont en pierre de France et sont en léger ressaut vers l’extérieur. A quelle époque cette infirmerie militaire a-t-elle été construite ? D’après le livre « Le patrimoine monumental de la Belgique » volume 14, elle serait datée de la fin du 17e siècle (comme les bâtiments dessinés ou inspirés par Vauban). A ce
moment, pourquoi n’est-elle pas représentée sur le plan-relief de Bouillon, ville fortifiée ? A notre avis, elle est plus récente !
Elle n’est pas non plus représentée sur le plan de Bouillon de 1832 tracé par l’architecte Richard Chauchet et elle ne figure pas sur le plan cadastral de Bouillon de 1841 ! Nous pensons
sans pouvoir en apporter la preuve (c’est un bâtiment militaire) qu’elle doit avoir été construite après 1870 quand Bouillon était redevenu une ville de garnison. Si l’entrée de la petite cour est encadrée de piliers, il pourrait s’agir d’une récupération des piliers d’une entrée du quartier militaire, entrée qui se trouvait plus bas près de la maison de l’ingénieur militaire. En effet, quand le boulevard a été construit en 1904 et que les Bouillonnais ont pu l’emprunter, cette porte ne servait plus à rien.
L’école des Pupilles, dernière institution militaire à Bouillon, ferme en 1926. Le quartier militaire est démantelé et mis en vente.
L’hospice occupe déjà une partie de la petite caserne. l’Etat envisage d’établir la brigade locale de gendarmerie dans la partie non occupée de la même caserne. Le reste des bâtiments
militaires, c’est-à-dire la grande caserne, la maison du commandant, les cours et leurs dépendances et l’infirmerie militaire, tout cela va être proposé à la vente. La ville, dirigée par le docteur Louis Corbiau, souhaite acquérir le tout. Le 21 janvier 1927, le service des Bâtiments Militaires remet les bâtiments au receveur des Domaines (Maurice Delaloup). Le receveur prépare le vente. Les bâtiments sont estimés à 920.000 francs. Le conseil communal agit (surtout le bourgmestre Corbiau) pour faire diminuer le prix. l’Etat transige sur une somme de 200.000 francs. Le 13 janvier 1929, l’accord est signé et le receveur communal paie la somme due au receveur des Domaines. Le 27 juillet 1929, l’achat est approuvé par la tutelle et par le conseil
communal, définitivement.
S’il y a des projets pour transformer la grande caserne, le collège estime ne pas avoir besoin de l’infirmerie militaire. Elle sera donc vendue soit en trois lots soit en bloc.
Le 2 mars 1930 (acte 7350 du notaire Vermer), la ville vend en un bloc les bâtiments pour la somme de 175.000 francs (presque la somme totale d’achat).
C’est la S.A. la Ferronnerie Bouillonnaise qui achète les bâtiments. Voulait-elle les transformer pour loger des membres de son personnel (comme le faisait l’industriel André
Camion) ? On peut le supposer.
La Ferronnerie Bouillonnaise transforme le bâtiment militaire en cinq maisons individuelles et les loue.
Et 28 juillet 1967, la Ferronnerie Bouillonnaise vend les cinq logements à des acheteurs bouillonnais. Après cette vente, l’ancienne infirmerie militaire ne connaîtra plus que des
propriétaires privés et c’est encore le cas aujourd’hui.
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Famille Ardenne-Verdun
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Famille Ardenne-Bar

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Mathilde de Toscane

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Empereur Henri IV

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Pape Grégoire VII

Remarque : au 11e siècle, les armoiries ne sont pas bien établies, par exemple les papes n’en ont pas de particulières.


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